Chercher les occasions de rire


Lorsque nous étions jeunes enfants, nous pouvions rire en moyenne 400 fois par jour ! Quand nous atteignons l’âge adulte, c’est exceptionnel de rire 15 fois par jour. Et pourtant, les recherches ne cessent de démontrer les effets bénéfiques du rire pour contrer les conséquences néfastes du stress. En voici quelques-uns.

  1. Alors que le stress accélère le rythme respiratoire, le rire permet plus d’échanges respiratoires, facilitant ainsi l’oxygénation du sang, nettoyant et libérant les poumons.
  2. Contrairement au stress qui provoque une accélération du rythme cardiaque et l’augmentation de la pression sanguine, le rire stabilise les battements du cœur et diminue la pression artérielle. C’est d’ailleurs une arme efficace dans la prévention de la crise cardiaque.
  3. Les muscles sont tendus et contractés quand nous sommes stressés. Le rire quant à lui provoque une relaxation musculaire, détend le visage, le cou, la poitrine, l'abdomen, les bras et les jambes. On dit qu’un bon fou rire vaut dix minutes de relaxation totale.
  4. Le stress influe négativement sur la qualité de notre sommeil, alors que le rire procure un sommeil de bonne qualité en chassant les tensions.
  5. Le stress provoque le ralentissement de la digestion. Le rire, grâce à la gymnastique abdominale et le brassage du tube digestif qu’il provoque, aide à mieux digérer et à avoir meilleure élimination.
  6. Le stress diminue l’énergie sexuelle, alors que le rire permet d'être plus frivole, plus extravagant, dissipe les tensions et les inhibitions, permet de lâcher prise, d'abandonner temporairement la logique, la rigidité, le trop sérieux.
  7. Alors que le stress diminue l’efficacité de notre système immunitaire, le rire au contraire le renforce, augmentant le nombre de globules blancs dans notre sang.

Le rire diminue aussi la production de cortisol, communément appelée l’hormone du stress, procurant un sentiment de bien-être immédiat. Il  augmente la température corporelle et la sécrétion d’enzymes protégeant des ulcères d’estomac et favorise l’oxygénation des tissus. Il provoque une augmentation de la production d’endorphines, communément appelée l’hormone du plaisir, qui joue un rôle prépondérant dans le soulagement de la douleur.

L’auteur et éditeur américain Norman Cousins, souvent décrit un peu simplement comme celui qui s’est guérit par le rire, a raconté comment, souffrant d’une maladie dégénérative très souffrante (spondylarthrite ankylosante) et presque complètement paralysé, il a pu retrouver l’usage de ses membres et reprendre son travail en prenant des doses très élevées de vitamine C et des doses équivalentes de rire. Il rapporte comment une bonne période de rire lui procurait deux heures de sommeil sans souffrance. « Le rire, écrit Cousins dans son livre Anatomy of an Illness, a une valeur thérapeutique en ce qu’il sert en quelque sorte de « veste pare-balles » qui nous protège des ravages causés par les émotions négatives. Le rire interrompt le cycle de la panique de la maladie, prévenant ainsi la constriction des vaisseaux sanguins et les changements biochimiques néfastes. »

Et c’est sans compter les nombreuses répercussions positives du rire sur la vie de tous les jours, particulièrement au travail qui est souvent générateur de stress. En effet, le rire favorise la communication, peut diminuer l’agressivité, aider à dédramatiser les erreurs et favoriser l’imagination et la création.

À condition, bien entendu, de ne pas l’utiliser pour se moquer des malheurs d’autrui et de bien savoir doser son utilisation. Une mauvaise utilisation de l'humour peut être dévastatrice, surtout s'il n'est pas compris des autres, et reste superficiel. Le cynisme et l'humour noir demandent une grande maîtrise du langage et des émotions. L’humour est un véritable art qu'il faut savoir manier avec tact et son utilisation au travail peut faire baisser le stress, l’anxiété et nous aider à prendre du recul. Comme le disait disait Charlie Chaplin, l’humour nous permet de voir l’irrationnel dans ce qui semble rationnel; le futile dans ce qui semble important.

Contrairement à ce que plusieurs croient, l’humour est un art qui s’apprend. Nous ne naissons pas avec ou sans le sens de l’humour, mais nous apprenons plutôt à choisir comment nous voulons percevoir la réalité. Bien sûr, il y a des évènements dont nous ne rirons jamais, mais il y a un très grand nombre de situations qui peuvent être tournées en dérision. Et tout l’art de l’humour réside dans le fait de le faire de façon appropriée, sans que ce soit au détriment des autres.

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L’humour chez les dirigeants

Êtes-vous de ces gestionnaires qui croient que le fait d’utiliser l’humour avec ses collègues diminue leur autorité ? Ou que le fait de rire avec ses employés est inapproprié ? Qu’il y a un temps pour rire et un temps pour travailler ? Ou qu’il n’y a pas de corrélation entre l’humour et le succès d’un dirigeant ?

Si oui, vous mettez de côté un outil puissant pour améliorer le climat de travail et pour favoriser le développement des habiletés des employés, pour les motiver et même les inspirer et les amener à participer, à être actifs et intéressés. Non seulement l’humour aide-t-il à exprimer votre enthousiasme et votre encouragement, mais il peut également servir à minimiser les erreurs qui, la plupart du temps, ne sont pas intentionnelles et à adoucir ce que vous avez à dire à un employé en aidant à créer le rapport de confiance.

L’approche humoristique est un outil de plus à avoir dans son arsenal pour mieux communiquer avec ses collègues et ses employés. Bien sûr, tous les dirigeants ne sont pas des spécialistes des relations humaines. Mais ceux qui développent ces habiletés peuvent mieux diriger. En tant que cadre supérieur, vous voudrez sans doute avoir une attitude positive à l’égard du comportement des employés que vous dirigez, parce que vous savez très bien que la qualité des relations qu’ils entretiennent avec la direction est un des facteurs importants influençant leur productivité.

Voici donc quelques conseils (voir note) si vous décidez d’ajouter cet outil à votre arsenal.

  1. Commencez par observer et par porter attention aux incidents et anecdotes amusantes qui se passent autour de vous au travail.
  2. Lisez quelques bons livres de citations amusantes, d’histoires comiques ou de plaisanteries qui s’appliquent à vous ou à votre situation au travail. Je vous suggère les bandes dessinées de Scott Adams qui, avec son personnage de Dilbert, souligne les travers et absurdités de nos organisations. Vous les trouverez en anglais et en français dans toutes les librairies.
  3. Centrer votre humour sur vous-même et votre situation de travail, et non sur les autres, surtout si vous ne les connaissez pas. Évitez donc le sarcasme et l’ironie. L’humour devrait servir à réduire le stress, non à l’augmenter.
  4. Si une réponse humoristique appropriée vous vient à l’esprit, n’hésitez pas à la dire.
  5. La plupart des employés cessent de rire en présence du patron. Favorisez donc une atmosphère de coopération en participant, jusqu’à un certain point, à leur humour. Si vous vous sentez assez sûr de vous pour rire avec eux, le rapport de confiance sera d’autant plus étroit.
  6. Si vous devez faire des présentations ou prendre la parole, gagnez votre auditoire en ponctuant votre intervention d’humour, ce qui a aussi l’avantage de capter leur attention.
  7. Sentez-vous flatté si, après avoir taquiné un employé, celui-ci se sent assez confortable pour vous taquiner à son tour, à condition, bien évidemment, de ne pas ridiculiser l’autre.

Peut-être n’est ce pas important pour vous que vos employés vous aiment ou non. C’est vrai que ce n’est pas essentiel pour que le travail soit fait. Mais un employé sera plus loyal envers un dirigeant qu’il apprécie et en qui il a confiance. Même si le travail, ces années-ci, est particulièrement exigeant, vous pouvez sans aucun doute contribuer à faire que le climat soit agréable et que plaisir au travail soit possible. 

L’humour entre collègues

Mais l’humour n’est pas utile qu’aux dirigeants et fuse souvent spontanément entre collègues de travail, surtout quand ce sont aussi des amis en dehors du travail. Cela permet de ventiler de façon acceptable les inévitables frustrations et de garder le contrôle sur son agressivité, particulièrement lorsqu’on est au service à la clientèle. À première vue, voir des employés plaisanter ensemble peut sembler non productif. Au contraire, utilisé adéquatement et avec modération, l’humour aide les employés à bien faire leur travail, surtout quand celui-ci est répétitif et ennuyant.

Et quand on est nouveau venu dans un milieu de travail, l’humour crée un pont avec des personnes qu’on ne connaît pas en offrant une expérience commune. Il est préférable alors de plaisanter sur soi, sur son inexpérience peut-être et non sur l’autre personne, tout en évitant de se rabaisser professionnellement. Si l’on vous a choisi, c’est que vous êtes à la hauteur. Et ne jamais oublier qu’un humour approprié, au mauvais moment, est un humour inapproprié.

Quelques suggestions en terminant

Si la sagesse c’est de savoir ce qu’il faut faire, la vertu c’est de passer à l’acte. Aussi, en terminant, voici quelques suggestions pratiques qui, mises en application, devraient vous permettre d’agrémenter votre travail et, éventuellement, celui de vos collègues.

  1. Dans votre routine, trouvez du temps pour une pause humour.
  2. Procurez vous un nez de clown et, quand le stress trop élevé, portez-le. L’effet sur les autres est instantané (particulièrement quand vous êtes pris dans un bouchon sur l’autoroute) . Si vous êtes trop timide, allez aux toilettes, mettez votre nez de clown et regardez-vous dans le miroir en vous demandant « Est-ce que c’est vraiment si sérieux que ça? » Si la réponses est OUI, c’est que c’est effectivement très sérieux.
  3. Demandez à tous ceux que vous rencontrez comment se passe leur journée. C’est la meilleure façon de rester connecté.
  4. Constituez une trousse de premiers soins d'humour que vous gardez dans votre tiroir de bureau. Placez-y des choses qui vous font rire ou vous font vous sentir bien (nez de clown, photos, objets significatifs, etc).
  5. Décidez de cinq choses que vous pourriez faire différemment aujourd’hui. Le plaisir est dans le moment présent et varier sa routine vous rend plus conscient de votre environnement et de ce que vous faites.
  6. Adoptez une attitude de jeu; ayez l’esprit ouvert aux pensées ridicules, irrévérencieuses. Retrouver l’enfant en soi ne veut pas dire être puéril, mais plutôt retrouver sa spontanéité, son imagination, sa créativité.
  7. Recherchez la compagnie des gens de plaisir.
  8. Appelez les gens que vous aimez, à la maison ou ailleurs,  au moins 1 fois par jour, un appel rapide pour dire que vous vous préoccupez d’eux et pour demander comment ça va. Cela ralentit le rythme, renforce le sentiment d’être connecté et replace le travail à sa place à côté de valeurs parfois plus importantes encore.
  9. Faites un album de photos comiques avec les gens que vous aimez. Jetez-y un œil à l’occasion, à votre pause.
  10. Ne répandez pas de rumeurs au travail, surtout à propos de quelqu’un qui n’est pas là pour se défendre. Voilà sans soute un des meilleurs conseils qu’on peut donner pour favoriser l’harmonie et le plaisir au travail.
  11. Donnez régulièrement de bons feedback aux autres.  Cela alimente la reconnaissance et la solidarité. Pourquoi ne pas donner une ovation debout à un collègue pour le simple fait qu’il est là ?
  12. Faites quelque chose de gentil pour quelqu’un qui ne s’y attend pas. Par exemple, envoyer un bouquet de fleurs à la réceptionniste, sans carte, ou vous en envoyer à vous-même (sans carte).
  13. Ne laissez jamais passer une occasion d’avoir du plaisir et de rire. Il est possible qu’elle ne revienne pas.
  14. Quand des nouveaux collègues arrivent, prenez l’initiative de les accueillir et de les présenter à la ronde.

En terminant, si nous pouvons nous permettre une suggestion, travaillez pour vivre, mais ne vivez jamais pour travailler. Bien sûr que le travail est essentiel à la vie, au bien-être, nous fait nous sentir utile, procure de l’estime de soi, Mais le travail n’est pas le but de la vie.


Note : Adapté de BLUMENFELD, Esther et ALPERN, Lynne (1994). Humor At Work. Peachtree Publishers. Atlanta.

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