Erotisme et chocolat ou quand la gourmandise se fait sensuelle

Date  04.05.2003
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Doux, amer, sucré, velouté, caressant, sensuel… Au fil d'une soirée gourmande, un groupe de "petits curieux" s'est adonné aux plaisirs des fèves de cacao transformées en délices chocolatés. Avec Orchydia pour guide.

Il attendait ce moment depuis le début de la soirée. Il avait participé, comme les autres, aux discussions et à l'écriture de petits textes érotiques. Il avait goûté aux friandises qu'on lui avait présentées. Tendres et sucrées. Parfois amères ou fruitées. Au cœur de noisettes ou de pistaches. Mais rien en comparaison de l'expérience qu'il se préparait à tenter, rien ne pouvait autant le séduire. Lentement, après avoir pris une ample inspiration, il glissa sa main dans le liquide brun ébène, tiède et moelleux. Il ferma les yeux, respira profondément et dégusta du bout des doigts, avec délectation, le plaisir du contact de sa peau avec le chocolat à 38 degrés. Il laissa le liquide courir entre ses phalanges, passer du dos à la paume de sa main. Il se permit quelques vagues, allant et venant d'un bout à l'autre de la bassine. "Que c'est bon", murmura-t-il, les yeux fermés. Il sut alors que le séminaire "Chocolat en bouche" auquel il était en train de participer tenait toutes ses promesses.

Expérience des sens
«Qu'est-ce que le chocolat évoque pour vous», avait lancé, en début de soirée, Orchydia, la maîtresse de cérémonie. «Du plaisir et de la culpabilité», avait osé la première. «De la gourmandise, des caresses, de la volupté, des souvenirs d'enfance, du goût et des odeurs, des délices et des supplices… entonnèrent les autres. Très rapidement, le petit groupe de participants fut convaincu qu'érotisme et chocolat faisaient bon ménage. Le breuvage qu'ils avaient bu en prologue - un chocolat chaud dans lequel avant infusé de l'irésine, une plante du Nicaragua aux vertus médicinales et aphrodisiaques – était-il à l'origine de leur enthousiasme? Qui sait?

C'est la quatrième fois qu'Orchydia organise un tel atelier. Elle qui est plus accoutumée à faire éclore la créativité de ses hôtes à travers l'écriture. Elle qui propose des ateliers d'écriture érotiques depuis l'an 2000. L'érotisme, c'est son champs d'exploration. Mieux, c'est son souffle de vie. Elle en parle, sans gêne, non sans une pointe de pudeur maligne accrochée à ses lèvres. Mais pourquoi diable avoir choisit un tel thème de développement personnel? «Parce que l'érotisme parle au féminin. Nous avons en nous une énergie sexuelle et créatrice dont nous ignorons parfois la puissance. Libérer cette force est une source extraordinaire dans laquelle nous pouvons puiser indéfiniment, pour autant qu'elle ne soit pas bloquée». Elle poursuit: «L'érotisme symbolise l'amour, le désir d'union du féminin et du masculin, la beauté et l'esthétique des sens, proche de la mystique, c'est le murmure du désir».

Du bout des lèvres, au fond du palais
Une cuillère entre le pouce et l'index, deux messieurs et cinq dames sont prêts à partir dans un voyage des sens. Un voyage solitaire, yeux clos, papilles ouvertes. Orchydia les berce de ses paroles suaves sur fond de musique douce. "Invitez la cuillère dans votre bouche… Sentez le chocolat couler lentement dans votre gorge… faites glisser votre langue autour de la cuillère…». La suggestivité est de mise. Ce qui fait des ateliers Orchydia une douce thérapie, c'est sans doute leur caractère peu contraignant. Celui qui ne veut qu'effleurer ses émotions érotiques, peut le faire sans se sentir décalé. Celui qui cherche à enrichir ses fantasmes de sensations fortes peut laisser libre cours à son imagination, sans déranger. Les individus peuvent jouer librement de leurs cinq sens, au rythme de leurs envies. Un lâcher-prise tout en douceur. «L'atelier d'expression érotique est un espace-temps, un moment privilégié où oser s'exprimer en toute liberté. Parler de l'intime, oser le plaisir et la liberté. Apprivoiser l'art de l'expression et regagner la confiance en soi. Partager des instants d'émotion et porter un nouveau regard sur soi et les autres».

Ce soir-là, galvanisé par les odeurs de chocolat, l'ambiance était pourtant davantage bon enfant que torride. Ravi de faire partager sa passion pour les délices cacaotés, le chocolatier de Carouge qui recevait le petit groupe à Orchydia – Philippe Pascoët – n'attendait qu'un seul moment: celui de faire déguster ses créations. Il n'était pas le seul. Je soupçonne même la plupart des participants à avoir ressenti, ce jour-là, davantage d'émotions gustatives que de frissons érotiques. Mais qu'importe, pourvu qu'il y ait eu du plaisir !


TRAJECTOIRE  d'ORCHYDIA C.

Lieu de vie
Genève

Formation
Professionnelle de la communication, Orchydia a travaillé comme cheffe de publicité dans les domaines automobile et pharmaceutique. A 30 ans, elle entreprend des études universitaires et effectue une recherche sur la créativité. Lauréate d'un concours de conte érotique pour sa nouvelle "Le Promontoire", elle crée en décembre 2000 les ateliers d'expression érotique: de danse, sculpture, chant, peinture et surtout d'écriture.

Cheval de bataille
Libérer la créativité pour retrouver la confiance en soi, c'est ce que cherche à faire Orchydia. Avec, pour projet, de créer une école de l'amour pour les jeunes adultes.

Livre de chevet
«Femmes qui courent avec les loups» de Clarissa Pinkola Estes

Minute de bonheur
«Me baigner nue dans la mer»

Dimanche.ch, Céline Fossati, 4 mai 2003

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